Manifeste

Si on vous avait dit qu’un jour en France vous seriez privés par le gouvernement de la liberté de vous déplacer où vous voulez, quand vous voulez, vous ne l’auriez pas cru. Si on vous avait dit qu’un jour en France vous seriez empêchés par le gouvernement d’assister à l’enterrement d’une ou d’un de vos proches, vous ne l’auriez pas cru. Si on vous avait dit qu’un jour en France le gouvernement hiérarchiserait vos relations sociales : la famille plus importante que les amis, les collègues plus que les amants, vous ne l’auriez pas cru. Nous non plus.

Pourtant, avec la pandémie, c’est ce que nous avons vécu, sonnés. Nous avons pris conscience que rien, dans notre vie, dans notre pays, dans notre monde, n’est immuable. Que tout peut, un jour, disparaître. Même ce que nous imaginions comme des piliers fondamentaux de notre société.

Désir d’inventorier

« Tout peut disparaître ». Cette phrase, nous nous la sommes répétée durant des semaines. Et plus nous y pensions, plus elle devenait englobante, une façon de voir notre quotidien, d’analyser notre monde. Des milliers d’espèces vivantes qui disparaissent. Les usines françaises qui disparaissent. Nos libertés fondamentales qui disparaissent. La liste de ces disparitions s’allonge de jour en jour.

C’est comme ça qu’est né notre média. De l’envie de chroniquer, de raconter et d’inventorier ces disparitions. Sans vision nostalgique aucune, très loin du « c’était mieux avant » réactionnaire, mais pour dresser le bilan d’un monde qui est en train de disparaître pour laisser place à un autre.

Appeler notre média La Disparition peut surprendre. Trop sombre, macabre, déprimant… Il n’en est rien. Car nos lignes porteront en elles la musique des lendemains possibles. En décrivant la disparition de pans entiers de notre civilisation, elles ouvriront des horizons plus humains, plus égalitaires, plus joyeux aussi.

Perec et l’intelligence collective

Lors de l’écriture de La Disparition, Georges Perec décidait de se priver de la lettre « e ». Au-delà de la prouesse littéraire et artistique, il nous racontait surtout la disparition de ses parents : « eux ». Modestement, cette même intention nous guide : parler d’eux. « Eux » ce sont ceux qui subissent les dominations d’un système à bout de souffle, ce sont ceux qui luttent, ceux qui renoncent. « Eux » c’est l’intelligence collective face à la crise écologique, sociale, sanitaire et économique que nous traversons.

La Disparition est un média politique qui ne s’intéresse pas aux politiciens, loin des polémiques journalières qui saturent le débat public. Un média d’histoires communes pour participer à la construction d’un monde plus juste, plus doux, plus solidaire.

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